
12 nov. 2025
Auto‑entrepreneur : jusqu'où faire soi‑même son étude de marché, et quand faire appel à un pro ?
Le statut d'auto‑entrepreneur donne l'impression de devoir tout faire seul : trouver son idée, créer son activité en ligne en quelques clics, communiquer sur les réseaux sociaux… et parfois improviser l'étude de marché. Pourtant, même une micro‑entreprise reste une vraie entreprise, avec des risques financiers et d'image bien réels.
D'où une question clé : qu'est‑ce qu'un auto‑entrepreneur peut raisonnablement faire seul pour son étude de marché, et à partir de quand devient‑il plus rentable de s'appuyer sur un professionnel ?
Ce qu'un auto‑entrepreneur peut (et doit) faire seul
Une partie importante de l'étude de marché est parfaitement réalisable en autonomie, surtout au début du projet. Les sources gratuites et les méthodes simples ne manquent pas, à condition de les utiliser avec un minimum de rigueur.
Un auto‑entrepreneur peut d'abord clarifier son idée et son positionnement : définir ce qu'il vend, à qui, sur quel territoire et avec quelles spécificités. Il peut ensuite collecter des informations de base sur son marché en utilisant des outils gratuits : données publiques (INSEE, CCI, fiches sectorielles), recherches sur internet, analyse de concurrents visibles sur Google, réseaux sociaux ou plateformes d'avis, observation terrain.
La réalisation de petits questionnaires en ligne ou en face à face fait également partie des tâches accessibles. De nombreux tutoriels expliquent comment interroger ses futurs clients potentiels pour mieux comprendre leurs besoins, leur budget, leurs freins et leurs habitudes d'achat. Cette démarche, en plus de nourrir l'étude de marché, permet parfois de trouver ses premiers clients, ce que soulignent certains accompagnements dédiés aux auto‑entrepreneurs. Tant que l'on reste sur ce terrain : cadrage du projet, collecte de données de base, observation et premiers sondages, faire soi‑même est non seulement possible, mais recommandé.
Les limites du "100% fait maison"
Là où les choses se compliquent, c'est lorsque l'étude de marché doit servir de base à un business plan, à une demande de financement ou à une décision stratégique de reconversion. Les contenus pédagogiques de Bpifrance Création, des chambres consulaires et des banques rappellent tous que l'étude de marché doit reposer sur des données chiffrées, analysées, et permettre de construire des prévisions financières cohérentes. Sans ce niveau de structuration, l'auto‑entrepreneur reste dans une logique d'intuition, voire de "feeling", qui peut coûter cher.
Plusieurs limites reviennent systématiquement chez les créateurs qui font tout seuls : manque de recul sur la taille réelle du marché, sous‑estimation de la concurrence, sur‑optimisme sur le nombre de clients ou sur le panier moyen, oubli de segments de clientèle ou de canaux de distribution importants. De nombreux guides rappellent que "sans étude de marché, on avance à l'aveugle" : le risque n'est pas seulement de rater des opportunités, mais de lancer une activité dans une zone saturée, avec une tarification inadaptée ou un positionnement flou.
Les limites apparaissent aussi au moment de traduire l'étude en chiffres : déterminer correctement ses prix, construire un prévisionnel. Les ressources dédiées aux auto‑entrepreneurs insistent sur le fait que cette étape est indispensable pour rendre l'activité viable et rentable sur le long terme, mais reconnaissent qu'elle demande des compétences que tous les créateurs n'ont pas. C'est souvent à ce stade que le "100% fait maison" atteint ses limites : l'étude existe, mais elle ne permet pas d'arbitrer sereinement ni de convaincre un banquier.
Quand l'étude de marché doit parler à une banque, à un bailleur ou à une commission
La bascule entre "je peux le faire seul" et "je dois être aidé" se joue souvent dès que l'étude de marché devient un document à montrer : à une banque, à un bailleur commercial, à un incubateur, à un réseau d'accompagnement ou, dans le cadre d'une reconversion, à une commission de financement.
Les banques, par exemple, expliquent qu'elles regardent la structuration du business plan, la qualité de l'analyse de marché et la cohérence du modèle économique. Elles disposent déjà de leurs propres données sur les secteurs et cherchent surtout à vérifier que le porteur de projet "sait où il met les pieds", qu'il a identifié les risques et qu'il sait y répondre.
Dans ce type de situation, une étude de marché approximative ou incomplète peut fragiliser un dossier : hypothèses non sourcées, absence de segmentation claire des clients, concurrence mal analysée, prévisions financières déconnectées du terrain. C'est exactement à ce moment‑là qu'un accompagnement ou une étude professionnelle devient un investissement plutôt qu'un coût : elle apporte une structure, une crédibilité et un niveau de détail qu'il est difficile d'atteindre seul, surtout quand on découvre l'entrepreneuriat.
Quand il devient pertinent de payer un pro (et ce que cela change)
Plusieurs cas de figure reviennent souvent chez les auto‑entrepreneurs pour lesquels faire appel à un professionnel de l'étude de marché fait réellement sens. Le premier, c'est celui où le projet engage des sommes importantes : achat de matériel, aménagement d'un local, emprunt bancaire, engagement sur un bail commercial.
Le second cas, c'est celui où l'étude doit servir de base à une reconversion structurée ou à un changement de vie important. Les dispositifs de démission pour création d'entreprise ou de reconversion financée insistent sur l'importance d'un projet "réel et sérieux", appuyé sur un marché clairement analysé.
Un troisième cas typique : l'auto‑entrepreneur qui a fait sa propre étude, mais qui ne parvient pas à en tirer un positionnement clair ni des chiffres cohérents pour son prévisionnel. Dans ce scénario, un professionnel peut reprendre les données, les compléter, les recouper, et produire un document lisible pour les financeurs.
Le recours à un spécialiste de l'étude de marché change aussi la manière dont le projet est perçu. Une étude structurée, sourcée, qui met en avant la segmentation de la clientèle, l'analyse de la concurrence, le positionnement et les hypothèses de chiffre d'affaires, un sondage ciblé, rassure immédiatement les interlocuteurs.
Elle permet à l'auto‑entrepreneur de se concentrer sur ce qu'il sait faire (son métier, son offre, sa relation client) tout en s'appuyant sur une base analytique solide pour prendre ses décisions et discuter avec les banques ou les partenaires.
SOS Études de Marché propose justement des études clé en main et entièrement personnalisées à chaque projet : analyse de l'état du marché et de la concurrence, étude détaillée de la cible et de la zone de chalandise, prévisionnel de chiffre d'affaires sur 3 ans, identification des facteurs clés de succès et des freins éventuels, le tout complété par un sondage terrain (jusqu'à environ 1 200 répondants et 2 500 questionnaires administrés) qui vient valider les données sectorielles et donner un poids réel au projet auprès des banques, partenaires et dispositifs d'aide.
